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Nature/Culture/Société
Donnez deux définitions différentes de la culture
I. L'homme: un être de nature (animal)ou un être de culture?
A, Un rapport ambigu à la Nature
L'homme est dans un rapport tout à fait ambivalent à la nature: elle est pour lui le Grand Tout, l'Origine / elle est un objet pour l'homme (disponible à la connaissance comme à la manipulation)
On est tenté de définir l'homme comme un « animal dénaturé »: (concept issu de la biologie: un organisme qui se dénature, la nature le régénère; mais, au delà d'un certain stade, cette régénération n'est plus possible: l'organisme est dénaturé): on veut donc dire par là que l'homme s'est radicalement coupé de sa nature animale (NB: si on voulait être plus positif, on emploierait le concept d'émancipation)
Désormais, il y a opposition radicale de deux domaines:
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E.S: relever une définition de la culture présente dans la page 220
Culture: ensemble des moyens matériels et intellectuels mis par l’humanité au service de la transformation de la Nature pour l’adapter à ses besoins.
B. La notion de « nature humaine »
N.B: aucune référence à la notion de "Nature": ce qu'on cherche ici, c'est l'essence de l'Homme.
Ce qu’on appelle Nature humaine, c’est l’ensemble des caractéristiques essentielles, innées et universelles qui définissent l’Homme (= qui le différencient des autres êtres vivants): un P.G.C.D pour les hommes et qui les différencient de l'animal.
Où l'on voit tout de suite un paradoxe: si l'Homme est défini par la culture (l'acquis), comment trouver dans l'inné le propre de l'Homme?
Ainsi, on peut aboutir au constat que ce propre de l'homme, s'il est inné, est introuvable/ s'il est acquis, il ne correspond plus à l'exigence d'universalité: toutes les pratiques humaines sont spécifiées de manière culturelle, différenciées.
Ex : le pleur (pleurer dans la tristesse) mais d'une part, on peut ne pas pleurer dans la tristesse; d'autre part, on ne pleure pas forcément parce qu'on est triste: les « pleureuses » (civilisations méditerranéennes) ne sont pas les plus tristes : c’est juste un rite funéraire.
Idée qu’il y aurait un « propre de l’homme » : des facultés (Volonté, Imagination, Langage…) qui seraient spécifiques à l’homme et qui créeraient un abîme entre lui et les autres êtres vivants (en vertu de quoi on peut tuer les animaux sans qu’il s’agisse de meurtre).
Pb : aujourd’hui, notre connaissance des animaux s’affine : on découvre qu’il y a aussi chez eux des capacités d’apprentissage + on découvre toute une gamme d’intelligence (notamment chez les grands singes anthropoïdes) qui font qu’on ne sait plus très bien où mettre une frontière
Eric Weil : l’homme est celui qui dit « Non »
Conclusion : la culture est une « seconde nature » pour l’homme. Comme le montrent les enfants sauvages qu’on a retrouvé tout au long du XIX° siècle, sans éducation , l’homme n’est ni un être parlant, ni même un bipède. La part de l’acquis est énorme chez les humains : si l’on n’apprend rien, on reste, en quelque sorte, en deça de l’humanité
Rousseau : « Pourquoi l’homme est-il le seul être vivant à pouvoir être appelé imbécile ? »
« Confort » de la condition animale : le temps fait son œuvre/ nous : non : humanité à conquérir !
C. L’invention de la culture
a) le mythe de Prométhée :
Platon : manuel STG p 28/ Hatier p 166 ( Protagoras 320d-322a)
La technique est quelquefois appelée une « seconde nature » pour l'homme: on entend par là que, sans l'invention de ces artifices que sont les outils, l'homme ne serait pas réellement ce qu'il est : l'homme à l'état « de nature », n'est pas un être viable.
Sens de ce mythe : l'immense vulnérabilité de l'homme (la nudité comme métaphore de sa vulnérabilité): ce qui sert de « couverture » à l'humanité primitive, c'est la culture . Sans l'ensemble des réalisations culturelles et artistiques, sans les institutions politiques, sans tout ce qui est acquis dans le comportement, l'homme serait le plus faible et le moins intelligent des animaux. Ce n'est que grâce à la civilisation (culture, technique) que l'homme dépasse l'animal.
T S et ES: Malinowski : Hatier p 221
T L: Pascal: Fragment d'un traité du vide :
1) quelle est la principale différence entre la culture et l’instinct?
2) Expliquer la ligne 15:”l’homme n’est produit que pour l’infinité”
la question de la différence essentielle: les animaux stagnent / « l'homme est fait pour l'infinité »
b) Sortie du règne de la nature
1) Rousseau et l'état de nature:
T.L: Russ textes 2 et 3 p 267 et 268
- pourquoi Rousseau invente-t-il le concept d'état de nature?
- sa définition
- le sentiment de Rousseau sur l'Homme
T.ES: décrire l’état de nature
“état qui n’existe plus, qui n’a peut-être point existé, qui probablement n’existera jamais, et dont il est pourtant nécessaire d’avoir des notions justes pour bien juger de notre état présent”
Hatier: texte 6 p 168: quel semble être le sentiment de Rousseau par rapport à l’état de nature? (citer le texte).
2) La perfectibilité : Russ texte 6 p 271: texte habité par le fantasme de la régression
Pour mieux expliquer la position de Rousseau par rapport à la société, un coup d'oeil sur deux concepts opposés:
Amour de soi-même / Amour-propre: le premier pousse l'individu à se garder en vie. Parce qu'il est naturellement tempéré par la pitié, c'est un sentiment altruiste.
Le second pousse l'individu à accorder plus de valeur à soi-même qu'aux autres.
L' amour propre est un sentiment égoïste.
Or, c'est la société qui nous fait basculer de l'amour de soi-même à l'amour-propre.
T.L: Russ: Texte 5 p 269
-Définition de la pitié
- Quelle modernisation proposer?
- N'y a-t-il pas un paradoxe dans cette notion?
T.ES: Hatier 2 p 63 :
Produisez les deux arguments que Rousseau oppose à Hobbes.
1) dans l’état de nature, on est soit faible ET dépendant /soit robuste ET indépendant.
2) Argument de la pitié
3) La question de l'éducation
T. STG : Rousseau : manuel p 16 : on devient humain par l’éducation / Kant p 20
T.L: Dites en quoi deux conceptions opposées de la nature humaine débouchent sur deux façons très différentes de concevoir l'éducation,
Si l'on a une vision négative de la nature humaine (il y a beaucoup à faire pour dégager l'homme de sa bestialité naturelle, de sa rapacité, de son égoïsme inné); on envisage une éducation fortement coercitive: il faut réprimer le naturel, corriger les mauvais penchants,
Si, au contraire, on part d'une idée positive de l'homme, on penser que l'éducateur doit seulement tutorer, guider, aider l'individu à épanouir les heureuses dispositions qui sont en lui,
C'est l'optique de Rousseau, pour qui l'éducation doit être avant tout respectueuse par rapport à l'enfant.
L'autre option, c'est, par exemple, Hobbes, pour qui éduquer c'est avant tout maîtriser (mâter) l'enfant (pour qu'il apprenne à se maîtriser)
distribuer le texte de Kant: à quel "camp" appartient-il ?
L'éducation doit-elle parfaire la nature humaine (lui donner l'occasion de s'épanouir, faire en sorte que nos bonnes dispositions passent de virtuelles à actuelles)?
Doit-elle, au contraire, la corriger? (pour arriver au bien, il faut soustraire bien des penchants)
Pour Kant (Kh L p 164), l'éducation comporte une partie négative et une partie positive: la part négative, c'est la discipline, nécessaire contre la sauvagerie. Cette part de l'éducation, si elle n'est pas faite dans la petite enfance, rien ne pourra jamais la remplacer. C'est aussi l'apprentissage de la frustration, du refus de la satisfaction immédiate.
Cette part, c'est, si l'on veut, l'incontournable part de « dressage » de toute éducation.
La part positive, c'est l'acquisition d'une culture, grâce à laquelle l'homme s'élève. C'est l'héritage culturel, auquel chaque homme est en droit de prétendre,
II. Sommes-nous faits pour vivre en société?
Enoncez toutes les questions philosophiques que vous pouvez vous poser à propos de la Société.
• L'Homme est-il fait pour vivre en Société?
• Est-il, comme le prétend Aristote, « par nature un animal politique » (par quoi il faut entendre un « animal grégaire »?) (texte Hatier 2 p 342)
• L'individu est-il fondamentalement en conflit avec la société?
• Pourquoi toutes les sociétés humaines ne se ressemblent-elles pas?
Toutes ces questions reviennent à une seule: il est question de l'essence de l'Homme.
Cette essence contient-elle le nombre, le groupe, la pluralité?
A. Aristote: « l'homme est, par nature, un animal politique »
Donnons-nous le projet de comparer les Sociétés humaines aux Sociétés animales.
Sociétés animales (animaux qui vivent en troupeaux, en hordes, en ruches, fourmilières...): la place des uns et celles des autres est marquée par les gènes (la « reine » des fourmis: seule à pouvoir pondre). Les « gardiennes » ne choisissent pas d'occuper cette fonction.
Pas d'individualité: le seul individu ( le seul être dont la conservation importe: l'entité collective: la ruche, la fourmilière)
Pas de diversité: toutes les fourmilières sont agencées de la même façon : pas de Liberté, pas de choix: pas de politique: pas de questions: Qui doit diriger? Qu'est-ce qui est juste? etc.
Conclusion: L' Homme n'est pas un animal grégaire au sens où la société lui serait « évidente ». Est-il pour autant possible d'être « homme » sans connaître la société?
Texte d' Aristote: Hatier texte 7 p 347 / Russ texte 14 p 117
ES/S:
- qu'est-ce qu'une cité?
- que dit Aristote de ces associations? comment argumente-t-il?
- que dit Aristote de l'homme qui n'appartient à aucune cité?
Idée intéressante d'Aristote dans ce texte: pour se passer de Société, il faudrait que l'homme soit « soit une bête soit un dieu » (p 348) (texte de P.Declerck p 334 pour nous rappeler que même les « exclus » sont définis par rapport à la Société à laquelle ils appartiennent)
Texte de Hume (Hatier p 167): l'Homme a d'évidentes dispositions pour la vie avec autrui. Même la toute-puissance ne peut consoler de l'absence d'autrui; nul bonheur n'est possible dans la solitude.
Pas d'humanité sans langage (mensonge du Mowgli de Walt Disney: capable d'entrer tout de suite en communication avec la jeune fille qui puise à la rivière / progressive - et difficile- « humanisation » des « enfants sauvages »)
Cependant, pour Rousseau l'homme est essentiellement un solitaire : dès lors, toute Société lui pèse : elle contrarie sa nature profonde
B. Kant et la notion d' « insociable sociabilité »
Prenons le texte de Kant nommé Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique (titre témoin d'un temps où le marketing n'existait pas) (Russ: texte 27 p 313/ Hatier: texte 3 p 64)
Ainsi, Autrui est présenté comme insupportable...mais indispensable!
Une excellente image pour symboliser cette « insociable sociabilité »(un parfait oxymore) nous est donnée par Schopenhauer: Hatier, texte 9 p 349: le troupeau de porcs-épics
Compromis entre le froid/ la souffrance des piquants; idée d'être « ballottés ».
III. La Société est basée sur les échanges
1) Qu'échange-t-on?
Un bien matériel ou un service / de l’argent : le commerce
Un sourire
Des coups
Des maisons (pour les vacances)
Des politesses, des invitations à dîner
Des mots, des lettres (échange épistolaire) ; des commentaires sur Facebook
Mise en circulation de biens, de mots, de services
La Société est basée sur trois types d'échanges:
*échanges matériels (échanges de choses, de biens nécessaires à la vie ou à la survie)
*échanges sexuels: NON : échange de personnes au sein d'un système d'alliance et de parenté
*échange de mots...sans lesquels aucun de ces échanges n'aurait été possible.
2) Les conditions de l’échange
Si les deux partenaires sont d’accord pour réaliser l’échange, c’est que chacun y trouve son compte, aucun des deux ne se sent lésé : on est dans la logique de l’intérêt .
L’échange est une démarche volontaire : pour qu’il ait lieu,
- il faut qu’il y ait une équivalence en valeur entre ce qui est donné et ce qui est reçu.
Quelque chose est pris/ quelque chose est donné : Réciprocité (donner/recevoir): instauration ou consolidation d’une société pacifiée (la Force / le Droit).
-il faut qu’il y ait un mouvement dans les deux sens : donner/recevoir (mise en circulation)
Dans toute société, recevoir un don m’engage à faire un contre-don : tout don engage une dette (il est vécu comme obligation de donner quelque chose à mon tour)
Adam Smith : « Donnez-moi ce dont j’ai besoin et vous aurez de moi ce dont vous avez besoin"
Le don présuppose l’instauration de la propriété privée (démarcation de ce qui est à moi et de ce qui est à autrui), c’est-à-dire du Droit.
3) Peut-on concevoir l’échange strictement comme une tractation d’un individu à un autre ?
En apparence, l’échange est un simple lien d’individu à individu/ en fait, tout échange porte la trace du grand « Tout social » dans lequel s’effectue l’échange :
• Pour qu’il y ait échange, il faut qu’il y ait un lien social
• Ce sont quelquefois les règles de la société qui poussent à l'échange: Lévi-Strauss montre comment un certaine tribu d'Amérique favorise le lien social: chaque famille (de chasseurs-cueilleurs) pourrait subvenir à ses besoins vitaux. Mais la tradition interdit au chasseur de manger le gibier qu'il a tué: il doit le donner aux autres membres de la tribu…qui en font de même.
• C’est la Société qui décide de ce qui s’échange
-échange de bouts de verre et de miroirs contre l’or des Aztèques de la part de conquistadors espagnols au XV°
Et contre quoi (c’est la société qui fixe les équivalences) :
-une jeune fille contre trois chameaux
Tout échange s’inscrit dans un système
Texte d’Adam Smith (Manuel STG p 63) :
1) A quelle question le texte répond-il? (quel est le fondement de la société ?)
2) Quelle est la thèse ?
3) A quoi sert l’exemple du mendiant ?
Même le mendiant n’est pas à l’écart de la société vue comme un vaste système d’échanges.
Echange d'objets: du troc à la monnaie
Dons et contre-dons (Marcel Mauss): obigation de donner, obligation de rendre, obligation de rendre plus que l'on a donné
Existence de S.E.L: communautés qui échangent des services, hors de toute transaction monnétaire.
La monnaie comme « étalon universel » :
texte d'Aristote (Hatier p 342)/ T.L : texte Russ p 120
Echanges basés sur la division du travail (qui dit spécialisation dit échanges)
Echange de personnes:
Passage d'une sexualité due au « hasard des rencontres » à l'institution de la famille
Interdiction de l'inceste: exogamie (Lévi-Strauss): texte photocopié
Echange de mots:
propension de toute société humain à se nommer « nous,les humains » par opposition aux « barbares » qui ne partagent pas notre langue.
Pas de famille sans lien conjugal; pas de préférence sexuelle sans mots pour exprimer ses sentiments.
Exprimer ses sentiments = les penser = devenir humain (sans mots, impossible de discerner en soi-même ce que l'on sent, ce que l'on est).